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Réduction des déchets : le recensement

Je vais faire une petite revue non exhaustive des quelques objets que j'utilise qui permettent de réduire le volume des déchets produits par mes activités.

En plus des différents articles lavables, j'essaie, quand c'est possible mais également efficace, d'utiliser des objets qui ne soient pas neufs. Vous verrez notamment un vieux moulin à café, mais j'ai aussi par exemple une chaine hifi modulaires des années 80 qui est en parfait état de fonctionnement en plus d'être belle et performante. Certains meubles peuvent être décapés de leur vernis foncé pour montrer la couleur naturelle du bois et ainsi faire moins salon de grand-mère.

La démarche de réduction des déchets est motivée avant tout par mes convictions écologistes, mais également par un autre moteur... La flemme.

Dans certains cas, le seul geste supplémentaire est de balancer l'article lavable à la machine avec les vêtements qui allaient de toute façon être lavés. Dans d'autres, je pense à la pâtisserie, du matériel de qualité est tellement plus agréable à utiliser et produit un résultat si satisfaisant que le lavage n'est pas pesant.

Dans tous les cas, cela épargne de devoir penser à acheter des rouleaux de papier de cuisson, des paquets de mouchoirs, du savon... Ce sont de nouvelles habitudes, mais qui une fois prises facilitent la vie.

Et puis, qui aime descendre la poubelle ?!

Faire les courses

Sacs à vrac faits mainLe sac à vrac en tissu est peut-être le premier pas que l'on fait quand on cherche à réduire ses déchets. Ils sont faciles à utiliser, ferment mieux que les sachets en papier et les légumes peuvent être stockés directement dedans, à l'inverse d'un sac en plastique dans lequel ils pourriraient.

Il faut les laver de temps à autre, mais il suffit de les jeter dans la machine avec les vêtements ou les draps, cela ne prend absolument pas de place et ils sèchent vite. Certains fruits et légumes feront des taches difficiles à enlever, mais cela n'est pour moi pas gênant.

Ceux-ci sont fait maison, en toile légère de lin ou de chanvre selon le sac. Le lien est également en chanvre. Ces deux fibres sont difficilement putrescibles et sont en plus trouvables en production française et européenne, notamment chez Couture Lin et Naturellement Chanvre. J'ai fait une couture anglaise pour l'assemblage, en gardant cette couture à l'extérieur pour ne pas que les grains de riz se coincent dedans.

Bocaux de conservation de produits alimentairesLes bocaux sont le corolaire de l'utilisation des sacs à vrac, en permettant de stocker et ranger facilement les produits secs.

Selon les magasins, il est même possible de les employer directement pour se servir de vrac, en notant le poids du bocal avant de le remplir.

Ils sont faciles à trouver, faciles à laver, il faut juste arriver à se débarrasser des étiquettes parfois attachées avec exagérément de vigueur sur le verre. À noter que Jean Hervé, le fabricant de purées d'oléagineux, appose sur ses bocaux des étiquettes qui s'enlèvent très facilement à sec, en tirant juste dessus. D'autres fabricants utilisent des colles qui cèdent facilement à l'eau, et pour d'autres... c'est presque impossible. J'ai pris le parti de mettre au recyclage les pots pour lesquels c'est vraiment trop compliqué d'enlever les étiquettes.

Quand ils ne sont remplis, il vaut mieux les stocker couvercles ouverts, on peut sinon se retrouver avec une odeur de renfermé ou celle du produit contenu à l'origine dans le bocal.

Cageot pour faire les coursesEn plus des sacs de course en tissus, qui présentent l'avantage d'être solides et lavables, je me munis de plus en plus souvent d'un cageot ou d'une caisse de rangement pour faire le marché.

Les produits sont bien rangés, et surtout, contrairement aux sacs dont le contenu peut se retrouver écrasé quand on l'attrape , dans un cageot tout reste rangé comme prévu. Il y a de plus moins besoin d'utiliser des sachets ou sacs à vrac, et on peut caler la boite d’œufs dans un endroit sûr. Enfin, dans la voiture le cageot peut glisser mais normalement ne se renverse pas, et ne répand pas son contenu partout.

 

En cuisine

Pot à selPlutôt qu'acheter du sel fin tout fait, je préfère me fournir, puisque j'en ai un sous la main, chez le saulnier local en gros sel de mer. J'ai donc un sac d'un kilo de gros sel, j'en prélève de temps à autre pour l'écraser dans une assiette avec le dessous d'un verre (cela semble fastidieux mais c'est en fait très rapide).

Le sel ainsi moulu est ensuite rangé dans ce minuscule plat à tajine trouvé chez Emmaüs.

Moulin à caféPour moudre le café avant de le mettre dans la cafetière à piston, j'utilise ce vieux moulin. Il fonctionne très bien malgré son très grand âge, qui se compte à coup de plusieurs quarts de siècle... Autant dire que le bilan carbone de sa fabrication est largement amorti avec ses générations de mouture.

Moules à gâteaux en silicone titaniumPour ce qui est de la pâtisserie, je suis adepte des moules en silicone. S'il est bien choisi, le silicone est stable à la chaleur et ne rejette pas de substances inopportunes. En revanche, le silicone de mauvaise qualité est fragile à la chaleur, change de couleur, dégage une odeur, et tend à se déchirer en plus.

Le "bon" silicone est celui estampillé clairement titanium silicone (ou silicone de titanium) sur l'emballage, et d'un fabricant réputé. Je n'ai que des moules de la gamme Silikomart, de la marque Mallard Ferrière, et ils sont comme neufs.

Le "mauvais" silicone est le peroxyde silicone, ce qui n'est en général pas écrit ni sur l'emballage, ni sur le moule. Les parois sont souvent fines, des couleurs vives, le silicone est parfois translucide, il marque quand on le plie...

À titre personnel, je n'ai aucun souci à utiliser le silicone, à condition qu'il soit explicitement marqué titanium silicone à l'achat, et je me fournis dans un magasin de fourniture pour professionnels. Il ne faut absolument pas approcher un couteau des parois et être doux au nettoyage, mais ces moules rendent inutiles l'usage de papier de cuisson. Dans le cas d'un cake par exemple, ou du pain, même si la pâte est collante, on n'aura aucune difficulté à le démouler. On pourra même se trouver face au phénomène de "saut de gâteau", où celui-ci sort tellement vite du moule à peine incliné qu'il rencontre le sol plutôt que le plat.

Dans la même veine, je suis adepte du tapis de silicone, à la place du papier de cuisson pour les cookies, les tartes (faites avec un cercle), les macarons, les meringues... Mais aussi pour congeler quelque chose.

Tapis en siliconeTout comme les moules, il faut faire attention à l'achat (je ne recommanderais d'ailleurs que les Silpat de Demarle), et à l'usage : pas de couteau, pas de grattage pour nettoyer, pas de pliure, et s'il y a des traces grasses, ne pas les laisser brûler si on veut conserver l'aspect initial du tapis.

En terme de prix, ces moules et tapis coûtent une dizaine d'euros pièce. S'ils sont vendus beaucoup plus chers, cherchez un fournisseur de matériel pro, c'est souvent raisonnable sur ce genre d'articles, il faut juste faire attention aux dimensions histoire de ne pas se retrouver avec un tapis de 1 m sur 2 m.

 

Au travail

Boites en inox et couvertsPour apporter mon repas du midi au travail, je promène ces boites en inox avec un couvercle en LDPE, un type de matière plastique. Les trois tailles se complètent bien pour faire entrée-plat-dessert, et je n'ai pas peur de les casser.

Il faudra donc par contre les laver tous les soirs en rentrant, mais cela ne me gêne vraiment pas. De plus, et cela peut embêter les personnes qui souhaitent manger chaud, on ne peut pas les mettre au micro-ondes.

Ceux que j'ai sont de la marque U Konserve, que j'ai choisie notamment parce qu'elle met en vente les couvercles seuls aussi, ce qui peut servir si on le perd ou l'abîme.

Je prends des couverts classiques pour manger, et dans le cas fort improbable (hum) où j'en aurais besoin, une serviette en lin plutôt qu'un sopalin.

Pour boire, j'ai une gourde également en inox, fidèle compagne depuis plus de deux ans.

Gourde isotherme en inox GaspajoeCes gourdes sont vendues par Gaspajoe, qui vend également séparément les bouchons. Cela s'est avéré utile le jour où ma gourde pleine m'a sauté des mains pour atterrir pile sur le bouchon, qui a bien morflé.

À l'usage, on se rend compte qu'il faut que le pas de vis du bouchon soit sec à la fermeture, sinon on peut avoir des fuites, et plus globalement il est plus sûr de la garder à peu près verticale. Le vernis qui recouvre le décor peut souffrir un peu du transport en montrant des petites griffures, mais cela ne change rien du tout à l'intégrité de la gourde.

L'intérieur étant en inox non revêtu, on peut mettre ce que l'on veut dedans sans risque pour le matériau (si vous aimez le jus de citron pur, pas de problème), et le nettoyage est facile. Le côté isotherme est fidèle à la promesse : on se brûle encore longtemps après la préparation du thé, et l'eau reste fraîche un bon bout de temps.

 

Dans la salle de bain

Cotons démaquillants lavables et filet de lavagePlutôt que des disques démaquillants jetables qui sont rarement pur coton mais plus souvent en fibres de polyester, les disques lavables sont bien agréables. Ceux-là sont en coton bio et chanvre, et malgré maintenant trois ans d'usage, ils n'ont pas bougé.

Juste après usage, je les frotte rapidement sur un savon pour enlever le gros des dégâts, puis hop, dans le filet qui sera lui-même jeté dans la machine à l'occasion.

Le filet est très utile pour ne pas se retrouver la tête dans le tambour pour chercher celui qui s'est coincé dans un joint, ça vaut le coup d'en récupérer un quelque part.

Mouchoirs en tissus de grand-mèreDans le registre du lavable, les mouchoirs en tissu sont bien utiles. J'ai toujours une boite de mouchoirs en papier pour les invités et les saignements de nez, mais sinon le tissu est adopté.

Les miens proviennent d'Emmaüs et des vieux placards, ceux de la photo appartenaient à ma grand-mère, et sont brodés de ses initiales.

Pour les personnes qui craindraient l'aspect hygiène, on peut les laver à 60° voire plus, avec les draps et les serviettes, ou plus sûr encore, les repasser à fer chaud une fois lavés. Avec ce traitement, bien peu de virus, de bactéries et de champignons sont capables de survivre.

Savons saponifiés à froid au caféPour le lavage des mains, je fais mes propres savons saponifiés à froid à partir d'huiles alimentaires (donc pas d'achat d'huiles spécifiques à ça) et de soude liquide.

Ceux-là sont au café, qui permet de se débarrasser des agréables odeurs de cuisine du genre ail et oignon.

Lime à ongle en verreLa lime à ongles en verre permet de s'épargner l'achat de limes en papier de verre, et pour ceux que ça rassure, on peut les désinfecter à l'alcool.

Il faut en revanche faire vraiment attention à ne pas la casser, cela relève du miracle que la mienne ait survécu 6 mois déjà.

 

Divers

Stock de pots en verreJe garde dans un fond de placard des pots, surtout en verre, pour les circonstances auxquelles on ne pense pas toujours. Envie de yaourts de coco, besoin urgent de ranger quelques graines de haricot, nécessité de nettoyer un pinceau...

Produits d'entretienDans le même placard, je range les produits d'entretien, achetés soit en plutôt grosse quantité, soit en vrac : le vinaigre d'alcool est en bidon de 5L, et l'alcool est vendu en vrac dans ma pharmacie.

J'utilise l'alcool à 90° pour pas mal de choses, surtout le nettoyage et la désinfection en cas de besoin (désinfection d'objets et non de la peau, attention). Il est parfois difficile de s'en procurer depuis que la vente de l'alcool à 90° non modifié est interdite aux particuliers. Il faut expressément demander de l'alcool modifié (ou dénaturé, c'est pareil), et celui à 90° n'est pas toujours en rayon.

Pot de fleurs en casseroleC'est un petit peu à part, mais pour le jardinage aussi dans la mesure du possible j'essaie de ne pas trop acheter de choses. Les contenants de récup peuvent être très jolis en plus de la satisfaction d'éviter un déchet de plus. Ici c'est une petite casserole en alu venant d'Emmaüs, dont le fond est percé pour éviter à l'eau de stagner. La soucoupe est une petite assiette un peu kitsch également trouvée à Emmaüs.

 

 

En plus de remplacer le jetable par du lavable, l'emploi de matériel de bonne qualité fait chuter le taux de remplacement des objets. J'ai des produits des marques suivantes, qui me donnent satisfaction :

Opinel, dont les couteaux sont fabriqués en France ou au Portugal, les lames sont aiguisables et les prix corrects

De Buyer, j'ai des casseroles en acier (pas données par contre) et des poêles en fer culotté

Greenpan pour les poêles à revêtement céramique

Dynamic, le mixeur à pied de qualité pro, fabriqué en France et très puissant mais vraiment cher

Microplane, dont les râpes sont vraiment agréables à utiliser, il vaut mieux privilégier les manches en acier quand c'est possible

Mallard Ferrière et Demarle pour le silicone

 

Ce genre de produits peut malheureusement être très cher, et j'ai la chance d'avoir les moyens de m'offrir cette qualité. Même sans ce type de matériel, il est possible de limiter sa production de déchets, et de tels investissements sont un bonus mais rien d'indispensable non plus.

Plus généralement, chaque pas vers moins de déchet est bon à prendre, et il vaut mieux faire des avancées progressives pour ne pas le ressentir comme une contrainte. Apprécier d'utiliser par exemple de jolis sacs à vrac ou un vieux moulin à café de famille facilite la mise en place des nouvelles habitudes, l'idée étant que ces gestes nouveaux s'intègrent sans heurt dans la routine de chacun.

Enfin, en plus des efforts que chacun peut mener, il faut prendre en compte que les politiques publiques ont une place énorme à jouer pour inciter plus agressivement (bon, j'avoue, je veux dire forcer) les industriels à adopter des manières plus sobres. Je pense notamment à un retour de la consigne sur les bouteilles en verre et à son extension aux autres contenants, l'obligation d'utiliser du recyclable quand l'emballage est indispensable (petite pensée à ces bouteilles non recyclables qui ressemblent à des recyclables), favoriser le vrac à grande échelle, en finir avec le marketing du jetable au prétexte de l'hygiène...

Et encore, je n'évoque pas les questions agricoles et le besoin d'être enfin raisonnables histoire de ne pas foutre en l'air les quelques réserves d'eau potable restantes et la biodiversité. Sans parler des problèmes de santé publiques associés. Et du fait que des méthodes agroécologiques allègeraient enfin le pression mise sur les sols, l'eau, la biodiversité, la santé, les humains...

Bref.

2 thoughts on “Réduction des déchets : le recensement

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